Ciné rencontre :avec réalisateur Nicolas Defossé

Jeudi 17 septembre à 20h

Depuis plus de 25 ans, les membres de l’association SOL CHIAPAS (ex AMERICASOL) organisent l’achat collectif de café produit par la coopérative zapatiste YACHIL au Chiapas (Mexique).

Il s’agit là, non pas de faire du « commerce équitable » mais d’organiser un échange avec des paysans Maya en lutte pour reconquérir leur autonomie et ce dans tous les domaines : alimentation, culture, santé, éducation, etc…

Les coopératives, dans ce contexte politique, illustrent la volonté des communautés de résister aux pressions néolibérales qui elles détruisent   les cultures  indigènes ici comme ailleurs .

Si cet achat collectif du café permet d’une part une rémunération du travail des producteurs selon leur demande, d’autre part, notre association, s’appuyant uniquement sur du bénévolat, reverse intégralement les excédents de la distribution du café à l’organisation Zapatiste et appuie ainsi leur démarche.

 

Sous une façade démocratique, la politique Mexicaine viole les droits des peuples indigènes, attisée aujourd’hui par les ambitions extractivistes de multinationales.

Malgré cela, les Zapatistes continuent à penser leur lutte, à défendre leur projet, à organiser manifestations et rassemblements politiques dont les analyses revêtent une portée internationale. Ainsi nos liens avec l’organisation Zapatiste sont riches d’enseignements sur l’engagement collectif, la solidarité, l’absence de professionnalisation, la rotation et la révocabilité des responsables, l’attachement à la terre et à la biodiversité, le respect du vivant

 

Notre association est l’une des 17 associations du Sud-Ouest qui constituent le réseau ESCARGOT (CARACOL) avec plus de 2000 adhérents. Ce réseau  nous permet d’entretenir des liens réguliers  avec  les communautés et paysans en lutte.

Le film documentaire :

 

Le documentaire « Un lugar mas grande » de Nicolas Défossé, qui a posé ses valises au Chiapas où il a créé une école de cinéma, raconte ce processus d’auto-gouvernement avec ses discussions, ses tâtonnements, ses joies et ses difficultés, avec en toile de fond le projet d’autodétermination zapatiste.

 

8 années ont été nécessaires dans ce village – Tila – pour approcher ce processus créatif de fonctionnement collectif.

 

« Il faut y aller doucement camarade »…, et le choix du réalisateur pour ce cinéma direct, sans voix off, nous plonge en immersion dans les ressorts de cette lente construction qui impose : une attention à l’autre, l’invitation à parler ,  le respect de la parole d’autrui, le soucis du Bien Commun et du devenir de la communauté. Ici, les égos et les ambitions individuelles n’ont aucune traduction en langue maya ou ch’ol.

 

Ce film est « un regard intérieur depuis les entrailles d’un monde qui ne demande pas la permission d’exister ». (Santiago Gomez Matienzo  revue

Encuadres- Mexique)